
Jérémy Biasiol incarne le courage et la renaissance. Né à Lyon dans la Croix-Rousse, il découvre sa passion pour la cuisine à 14 ans lors d'un stage chez La Mère Brazier et s'inscrit en école hôtelière malgré le scepticisme ambiant envers ce métier. Bien qu'introverti et maladroit à ses débuts, sa détermination le distingue : toujours premier arrivé et dernier parti. Dès 17 ans, il intègre les cuisines des plus grands : Georges Blanc, Paul Bocuse, Pierre Orsi, avant de passer dix années formatrices dans l'empire gastronomique d'Alain Ducasse, du Relais du Parc à Paris au Louis XV à Monaco, en passant par Londres et l'Essex House à New York, où il devient sous-chef à 24 ans. Il devient ensuite chef privé d'un millionnaire américain, Andrew Borrok, cuisinant pour des célébrités comme Madonna et Robert de Niro. En 2010, parti enseigner la cuisine à Hong Kong, il ouvre son restaurant le Mirror avec d'anciens étudiants. À peine un an après, en décembre 2011, l'improbable se produit : à 30 ans, il décroche sa première étoile Michelin. Le succès est fulgurant, avec des réservations complètes jusqu'à six mois à l'avance. Son rêve de trois étoiles s'effondre en 2014 avec la révolution des parapluies qui paralyse Hong Kong et le contraint à fermer. De retour en France, sa renommée asiatique ne l'a pas suivi et il enchaîne les expériences difficiles. En juillet 2019, alors chef à Belle-Île-en-Mer, sa vie bascule : quatre AVC du tronc cérébral le frappent coup sur coup. Les médecins le condamnent à ne plus jamais marcher ni cuisiner. Hémiplégique, ayant perdu l'audition et la vision du côté gauche, il sombre dans la dépression et pèse jusqu'à 140 kilos. En 2023, un déclic survient en regardant un concours de cuisine pour personnes handicapées à la télévision. Jérémy décide alors de se lancer dans la préparation du concours du Meilleur Ouvrier de France 2026, déterminé à devenir le premier chef en situation de handicap à décrocher ce titre prestigieux. Soutenu par Métro, des chefs comme Davy Tissot, Grégory Cuilleron et Guillaume Gomez, et équipé d'un siège ergonomique sur mesure, il s'entraîne quotidiennement avec l'aide d'un coach culinaire, d'une préparatrice physique et d'une ergothérapeute. Son parcours de reconstruction, qu'il partage sur son compte "À Vos Casseroles" (AVC), prouve que la passion n'a pas de limites et que le handicap peut devenir "handi-capacité". Jérémy Biasiol ne se bat pas seulement pour un titre, mais pour donner de la visibilité au handicap dans la haute gastronomie et inspirer ceux qui pensent que tout est fini.